Avant de me lancer dans l'écriture de ce billet, je tiens à préciser que je ne fais pas ici une critique de fond sur l'activité de LDLC. D'ailleurs je suis client depuis plusieurs années, aussi bien à titre personnel que profesionnel et, malgré les déboires qu'ils ont et que je détaillerai plus loin, je n'ai pour l'instant pas de raison suffisamment valable pour changer de fournisseur. Non, le but de ce billet est plutôt celui de mettre en lumière certains aspects négatifs des logiciels proprietaires et dans cette démonstration, LDLC me sert de parfait exemple.

Au mois d'avril 2004, LDLC effectue une migration de sa plateforme informatique composée de logiciels libres vers des solutions proprietaires "made in" Microsoft. LDLC et Microsoft semblent tous les deux très fiers d'annoncer ce nouveau partenariat et n'hésitent par la même occasion à enfoncer les logiciels libres :

La société fait table rase de son existant et adopte à cette occasion la plate-forme Windows de Microsoft afin de gagner en réactivité, en indépendance et en coûts.

En optant pour un environnement Windows, LDLC profite de la simplicité générale d'administration de la plate-forme, les droits d'accès des utilisateurs à l'ensemble des ressources du système étant centralisés dans l'annuaire de Windows Server 2003, Active Directory. "La principale raison qui a motivé la réintégration du serveur de messagerie en interne, explique Olivier de la Clergerie, était de gagner en sécurité, en cohérence et en tâches d'administration grâce à une base unique de gestion des droits pour l'ensemble de la plate-forme".

Nous ne ferons pas de commentaires sur les prétendus avantages que les produits Microsoft ont par rapport aux logiciels libres en termes de "sécurité et gestion des droits"...

Quelques mois plus tard, Laurent de la Clergerie nous informe par le biais d'un interview sur 01net que tout ne s'est pas exactement bien passé :

(...) nous avons essuyé quelques déboires en avril, en raison d'un changement informatique. Celui-ci a totalement désorganisé notre structure : plus de gestion de stocks, impossibilité de nous réapprovisionner, multiplication d'erreurs d'annonces et de délais... Il nous aura fallu attendre fin juin pour voir la situation se rétablir.

L'été 2005 aura également été riche en difficultés pour LDLC. Cette fois-ci, ce n'est pas Microsoft qui leur a posé des problèmes, mais Courbon/Siemens avec leur progiciel de gestion d'entrepôt WES. Le forum de hardware.fr est en ce moment même le théâtre de discussions très animées sur les retards qu'est en train d'accumuler la société avec ses commandes. Pour donner une idée de l'ampleur des dégâts, on parle ici de quelques 18000 commandes en retard, près de 2 mois de retard sur certaines livraisons,...

Il me semble tout de même remarquable de signaler qu'une personne de LDLC, surement le proprietaire de la société qui avait donné l'interview à 01net, prend beaucoup de temps pour répondre aux messages des clients mécontents. On peut lire un condensé de ses messages.

En lisant ses messages, on apprend également que le bon fonctionnement de LDLC dépend très étroitement de la société qui leur fournit le progiciel de gestion d'entrepôt. Situation assez malheureuse car ce logiciel semble justement avoir des problèmes à gérer leur stock.

Mr LDLC nous livre dans ses messages sur HW.fr une perle que je vous rapporte ici :

Mais comme je le disais ce n'est pas si simple de gerer un projet qui grippe et dont vous dépendez d'un prestataire.

Outre la grammaire un peu "recherchée" qu'on mettra sur le compte de la situation stressante, on peut noter un point de vue assez diametralement opposé au discours tenu lors de la migration LL vers Microsoft :

L'open source est un outil puissant. On peut tout réaliser par ce biais mais à condition de développer. Développements spécifiques déjà coûteux en eux-mêmes, et qui surtout, vont de pair avec deux contraintes majeures : la dépendance vis-à-vis des développeurs ayant conçu les applications. Ce n'est pas rien dans un environnement où les compétences sont rares et donc chères. De plus, toute évolution implique de nouveaux développements internes qui se traduisent également par une administration spécifique et coûteuse.

Les logiciels proprietaires (dont Windows de Microsoft et WES de Siemens/Courbon font partie) entraineraient donc moins de dépendance vis à vis des développeurs ? Pour le moins curieux...

Une dernière petite anectode qui en dit long pour finir ce journal. Il semblerait que le désormais fameux progiciel WES ne contienne pas de manuel !

Sachez que le logiciel qui gere tout ca nous a couté qq million de franc et que on rit aussi jaune que vous :( (il n'y a meme pas de manuel !!!!!)

La question que tout le monde se pose ? Ont-ils les sources ? :)